Violences électorales au Togo : Le G5 est-il enfin satisfait du chaos ?
La diplomatie, c’est ce qu’il y a de plus pernicieux dans les rapports entre Etats. Elle se passe souvent de morts d’hommes, même quand on se réclame de pays de droits de l’Homme et de démocratie. Sous cet angle, les pays occidentaux fournissent une kyrielle d’exemples de leur position ambivalente quand il s’agit de défendre leurs intérêts. Comme c’est le cas au Togo où le groupe des ambassadeurs réunis au sein du G5 est dans un curieux rôle devant la tragédie que vit le peuple togolais.
« Une Suisse au-dessus de tout soupçon ». Cet ouvrage de Jean Ziegler révèle la face cachée de la Suisse, véritable plaque tournante des multinationales, des secrets bancaires, des rouages visibles de son gouvernement et le pouvoir réel qu’il dissimule sous le couvert d’une certaine neutralité. On peut paraphraser le livre et l’adapter au contexte togolais en le titrant « Le G5 au-dessus de tout soupçon au Togo ». La comparaison n’est pas méchante, si on s’en tient aux positions ambiguës de ce conglomérat de diplomates. Elle leur sied bien par rapport à leurs prises de position sous le couvert du langage diplomatique bien souvent nocif au peuple togolais qui vit l’une des tragédies de l’Afrique de l’ouest depuis plus de deux décennies.

La liste des victimes qui tombe sous la répression sanglante du pouvoir dynastique au Togo ne cesse de s’allonger. La semaine dernière, six (06) citoyens dont un enfant sont encore tombés sous les balles du régime cinquantenaire.

Les sorties de ces ambassadeurs s’apparentent à des catalyseurs d’exacerbation des violences meurtrières du pouvoir en place. Leurs communiqués semblent une onction tacite au RPT/UNIR dans la conduite unilatérale du processus électoral avec ces relevés macabres enregistrés. En effet, dans la déclaration commune qu’il a rendue publique le mois dernier, le G5 a appelé aux élections législatives du 20 décembre prochain. Et pourtant le processus enclenché par le pouvoir en place est vicié. Le G5 a laissé faire le régime dans son forcing électoral qui foule au pied les recommandations de la feuille de route de la CEDEAO et fait cavalier seul dans l’organisation du scrutin.

Aussi le groupe des ambassadeurs a-t-il curieusement fermé les yeux sur ces irrégularités qui sont décriées par la Coalition de l’opposition et la société civile qui ne cessent d’appeler au report du scrutin. Ces manquements soulevés par l’opposition et la société civile n’ont pas amené les diplomates réunis au sein du G5 à calmer les ardeurs du régime cinquantenaire dans sa volonté manifeste de tordre le cou à la feuille de route. Au contraire, les ambassadeurs se sont murés dans un silence alors que tous les signaux indiquaient une mascarade électorale.

Ce silence de ces diplomates a favorisé le basculement de la violence avec des morts d’hommes enregistrés et le regain de tension sur toute l’étendue du territoire. Alors que ces derniers évènements sanglants étaient prévisibles.

La Conférence des évêques du Togo (CET), les cadres musulmans et les associations de la société civile ont alerté sur les risques de violence. Curieusement, le Groupe des 5 n’a pas vu venir ces tensions d’autant que ses diplomates sont les plus renseignés sur l’actualité politique togolaise. Ne pas anticiper sur les répressions brutales de ce régime en appelant à l’arrêt du processus sonne comme un accompagnement.

Pris à son propre jeu d’avaliser le coup de force électoral, il se presse de pondre un communiqué dont le contenu arrange Lomé II. Le groupe des ambassadeurs a, dans sa déclaration d’hier, regretté « les décès enregistrés et les violences lors des évènements récents » sans toutefois demander l’arrêt du processus électoral dans les conditions macabres actuelles. C’est de l’hypocrisie.

Ces diplomates s’accommodent avec ce régime qui étouffe les aspirations du peuple togolais dont les valeurs universelles de droit de l’Homme et de démocratie sont pourtant réclamées par leurs pays respectifs. Dans les évènements que le pays a connus et continue d’enregistrer sous la plus vieille des dictatures en Afrique de l’ouest, les diplomates accrédités au Togo étonnent par leur curieuse sortie qui fait la part belle au pouvoir en place. On note une indulgence de leur part à l’égard du régime cinquantenaire. C’est curieux quand on sait que ce n’est pas de la même manière que la démocratie est appliquée chez eux.

L’histoire regorge des exemples où les peuples sont parvenus à se libérer eux-mêmes sans compter sur l’aide des diplomates bien trop souvent corrompus. Le cas de l’Afrique du Sud qui s’est libérée de l’apartheid est récent. Dans les tous cas, le peuple togolais sait compter ses amis et saura les remercier le jour où il sortira des serres du dernier bastion de dictature de la sous-région ouest africaine...


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